28 décembre 2024, je prends l’avion, j’ai mon passeport, mon chum d’une main… et ma canne de l’autre. Dès mon arrivée sur les terres marocaines, à Marrakech plus précisément, je saute sur mon premier couscous. Ce sera le premier d’une longue série. Trois semaines et une avalanche de couscous..
Coucous n°1 : Place de Jemaa el-Fna, la place la plus fréquentée, surtout le soir…., resto vert pâle, je comprends rapidement que les terrasses sont une institution ici. Go Lou, 3e étage,fait aller ta canne et monte cet escalier ! À la descente, j’abandonnerai la canne, je la retrouverai au retour.





Couscous n°2 : Soirée de la veille du Jour de l’An, combinée avec mon anniversaire… qui était deux jours plus tôt. Double raison de faire la fête, double raison de s’attendre à un couscous. Sauf que là, surprise : pas de couscous du tout. Enfin, revisité, on peut dire ça comme ça…en réalité, il n’y en avait simplement pas.
Mais comme c’est l’angle que j’ai choisi pour raconter mon voyage au Maroc vous n’aurez pas le choix : il faudra faire avec mes petites libertés gastronomiques. On s’habille chic, On fête…et on va se coucher la panse bien rempli.
Couscous n°3 et n°4 : Sur la route, en quittant Marrakech. Le Maroc dans toute sa splendeur m’explose au visage. Impossible de classer ce que je vois : la route, les odeurs, les couleurs, les gens… tout me parle. Je suis émue, touchée, peut-être un peu renversée aussi.
La route se fait presque en silence. Je demande à Jamal…notre guide, notre chauffeur, et déjà un ami, de s’arrêter partout. Je saute de l’auto en mode touriste, je regarde, je respire, je prends des photos flous et je contemple.
Et là, c’est vrai : une image, DES images valent mille mots.









Curieux ? Et oui UN et même DEUX délicieux couscous, nous attendaient près de la ville du cinéma. Le diner à Aït Ben Haddou (c’est littéral : des films y ont été tournés) et le souper à Ouaouarzate. Déjà quelques-uns parmi nous ont commencé à abandonner. Mais moi ? Hors de question, j’étais en mission couscous !
Couscous n°5 : Un couscous heureux…oui, il y a des couscous tristes, des couscous fatigués, et celui-ci, lui, il rayonne. Ce jour-là, Jamal nous offre une séance de diapos en accéléré : désert plat, montagnes escarpées, vallées enneigées (!), canyons, oasis, paysages lunaires…. Surréaliste. Et puis, comme sorti d’une scène du film de Peter Greenaway version berbère, notre hôte du soir, costume improbable, regard doux, discours mystique et gestes larges. Il a construit son hôtel lui-même, pierre par pierre, comme un artisan du rêve. Le lieu est à son image…unique, bigarré, un peu fou, totalement désarmant. Ce soir-là, il nous sert un menu 5 services. Sa femme, sa sœur et sa mère…ses femmes s’affairent en cuisine selon son bon vouloir. Entre deux plats, il prêche. Littéralement. Il nous parle du bonheur, du souffle de la vie, de l’amour universel. On ne sait plus trop s’il parle de Dieu, de lui, ou du couscous lui-même. Justement, et le couscous ?… et bien non, il n’y en avait pas. On était chez « Le Cuisinier, le Berbère, sa Femme et son Amant ». Un repas rempli de symbolisme, de plats trop raffinés et de nourriture qui parle d’amour, de pouvoirs et de petites folies. Bref, sympathique le monsieur mais un peu trop ésotérique.











Couscous n°6, n°7, n°8 : Le désert… ah et puis non, je reviendrai sur le désert…pas par désintérêt, bien au contraire. Ce sera pour un autre texte, à part entière. Le désert ne se raconte pas entre deux couscous.
Entre-temps… comment oublier Fès, ses ruelles labyrinthiques, son artisanat hypnotisant, et son couscous au fond d’une médina, mangé dans une arrière-cour pendant l’appel à la prière. Et puis, il y a Chefchaouen, la ville bleue aux murs patinés, où le couscous a le goût de la hauteur, des escaliers infinis… et des accents d’azur. Et puis Rabat, Casablanca, Essaouira… chaque ville, chaque virage de route, chaque arrêt au bord de la mer, nous a offert…un plat généreux, porté par les épices, et l’ajout des citrons confits.
Le couscous était là, comme le thé à la menthe : parfois délicieux, parfois tiède, parfois surprenant… avec des raisins, des oignons caramélisés, des pois chiches en abondance… Et une seule et unique fois, enfin, les fameuses merguez que j’attendais depuis le début du voyage. Finalement je les ai trouvées…chez un restaurateur… de viande de chameau. Comme quoi, au Maroc, tout est possible.













Couscous n°9, n°10 et + : Et puis retour à Marrakech, là où tout avait commencé, comme un bouclage d’épisode. Et cette fois : cours de cuisine.
Devinez le plat ?
Oui. Couscous.
Mais là, attention. Pas n’importe lequel.
Le meilleur du voyage. Celui qu’on prépare soi-même, qu’on touche, qu’on tourne, qu’on sent, qu’on assaisonne comme si notre avenir en dépendait. Semoule aérienne, légumes tendres, épices au millimètre. J’ai pleuré.
Et quand ce plat est enfin posé sur la table… je comprends que c’est peut-être ça, le vrai but de ce voyage : faire corps avec le couscous, devenir le couscous. Une révélation culinaire.
Puisque vous insistez, voilà en images notre périple culinaire un peu improvisé…ou comment manger sans trop savoir ce qu’on fait !



























Oui, j’avais bien une canne au départ. Deux jours avant de prendre l’avion, j’ai eu la brillante idée de m’offrir une petite inflammation du genou droit. Rien de dramatique, mais assez pour m’envoyer chez un médecin en urgence, en mode panique pré-départ. Je suis donc partie avec ma canne… et mes anti-inflammatoires. Très glamour !
Heureusement, dès le premier jour, le médicament a fait effet, et j’ai laissé tombé la canne dans un des riad. (Ben non, dans la voiture de mon ami Jamal)
Le seul hic…ou la chance comme dit mon chum… c’est qu’il fallait bien la reprendre pour le vol de retour pour Montréal. Et là, je dois dire… avoir une canne à l’aéroport c’est un passeport VIP. File prioritaire, agent de bord aux petits soins, regard compatissant des passagers… Il suffit de boiter juste ce qu’il faut, d’avoir l’air un peu souffrante, et tout devient soudain beaucoup plus confortable. C’est à y bien penser.. Non pas vraiment je vous rassure… mais mon chum y pense déjà beaucoup, lui l’accompagnateur qui profite).
Allez, mets ça sur ta bucket list ! Entre un couscous pis un thé à la menthe, tu vas peut-être même trouver le sens de la vie.
Comme toujours, je pars en voyage moi aussi grâce à vos magnifiques photos et tes récits, ma Lou, tous plus passionnants les uns que les autres. Merci de partager ces moments avec nous. Je vous embrasse mes Berlou X et j’ai hâte à la suite.
Comme toujours, je pars en voyage avec vous, à tout le moins avec la vue, grâce à vos magnifiques photos. Bien sûr, j’aimerais bien sentir le vent du désert sur mon visage, goûter les couscous, humer l’odeur des épices et toucher le poil de chameau mais…grâce aux commentaires de ma Lou j’y arrive presque. Merci de partager ces moments de grâce avec nous. Merci mes Berlou XX
Merci belle France…. j’aimme tellement les « Berlou » xxx
Félicitations pour ton récit !
Quelle originalité, quelle sensibilité… et surtout, quelle savoureuse façon de raconter un voyage ! Ton récit déborde d’images, d’humour tendre et d’émotions. On sent la chaleur des lieux, la générosité des plats… et la beauté de ta plume.
Merci, sincèrement. Ce sont vos récits de ce voyage qui m’ont donné envie de partir à mon tour. On comprend vite que derrière chaque couscous, c’est une tranche de vie que tu sers 🙂
Merci encore du partage… et continue de voyager et d’écrire… tu nous fais voyager à notre tour en plus de nous inspirer !
Michel mon ami…. toi aussi j’aime te lire ! À tout bientôt !
Quel magnifique voyage !
Je dois découvrir le Maroc en avril mai 2026
Mon guide est mon meilleur ami en France originaire de Rabbat
J espère faire les mêmes découvertes !
Et manger tous les couscous de la route !
Bonne continuation !
Oh que oui ! Merci Françoise, tu vas tellement aimer ce Maroc !
Vous me rappelez tellement de beaux souvenirs de Marrakech et de Casablanca, mais surtout vous me donnez envie de découvrir le désert, Chefchaouen, Essaouira et tant d’autres endroits de ce beau pays un peu mystérieux. Merci tellement de vos généreux partages 😘❤️🫂🙏
Merci Hélène, merci de prendre le temps de m’écrire. Je t’embrasse fort !
Très beau récit et je viens de réaliser à quel point vous avez fait un voyage gastronomique !
Cela a été un plaisir de vous voir à votre retour de Marrakech. Amitiés xxxx
Un plaisir partagé. J’ai enfin des images de vous deux dans votre chez-vous ! Que de plaisir ! À tout bientôt !
J’aime le concept slowslow. C’est pour moi qui suis inapte aux réseaux sociaux.
J’ai dévoré, un peu de manière compulsive – je l’avoue, ton blog couscousien du Maroc. J’irai déguster les autres voyages que tu racontes si bien avec mots et photos. Merci Lou.
Je t’attends au mois d’août pour te cuisiner un bon petit quelque chose au bord de la baie de Caraquet. J’aurai le temps d’ici là de bien me pratiquer sur le BBQ en forme d’œuf que m’a offert mon bon ami Mongeau.
Salutations affectueuses à ceux d’en-haut de ce fil de commentaires; France xox, Michel et André.
Vive le slowslow! Vive Lou Arteau!
Oh que je t’aime toi ! Trop hâte de notre prochaine rencontre ! xxx