Chronique écossaise avec cinq vaches : Rosie

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Non, ce n’est pas moi la vache aujourd’hui.
Mais entre toi pis moi Rosie… je commence à comprendre.

Rester là.
Brouter.
Regarder le monde passer sans bouger.

Honnêtement ?
J’ai le profil…Surtout quand tu crois avoir déjà tout vu…

Alors, on arrive sur les chapeaux de roue, merci les belles routes écossaises…
objectif : attraper le traversier vers Glencoe. Timing serré.
Concentration maximale. On réussit.Et là…
on entre dans une des plus belles régions du voyage.

Boom.

C’est grand.
C’est massif.
C’est le genre de paysage qui te fait réaliser que ça serait mieux d’arrêter de parler…

On doit se rendre à l’hôtel.
On est attendus.

Mais en chemin ?

Impossible.

On ralentit.
On s’arrête.
On regarde.

Le soleil descend.
La lumière est parfaite. On bouge plus. Est-ce que c’est la plus belle affaire qu’on a vue de notre vie ?
Non.

Mais sur le moment ?
100 % oui.

On repart (un moment donné faut ben). On arrive à l’hôtel. Perdu. Nulle part.
C’est juste parfait. Souper au coucher de soleil. Des voisins passent nous voir.

Pas des vaches…calmez-vous ! Mais quand même. Je me lève. Je laisse le serveur avec son calepin et je sors. Fallait que j’aille les voir. Aucune explication logique. Juste… fallait.

Des cerfs élaphes !!! C’était juste magique ! Moins pour le serveur qui m’attendait mais bon…

Le lendemain ?

Encore.

Même place.
Même effet.

Petit moment sérieux : Ce voyage-là, on le doit en grande partie à Sylvain et approuvé par Sophie…Une organisation solide. Rien n’est laissé au hasard.

C’était vraiment pas des vacances.
C’était un vrai beau et gros gros gros voyage.

On a tout vu.
Ou presque.

Pis cette partie-là ? Top du top. Encore aujourd’hui, j’y pense…Souvent.

Mais bon., Écosse oblige…Le lendemain = pluie. Classique.

Imper rouge pour moi, bleu pour Bernard… au moins on est « Instagrammable »
Capuchon. et on part pareil. C’est pas la pluie qui va nous arrêter. Et puis c’est pas vert partout pour rien !

Direction : Steall WaterFalls.

Ça glisse.
C’est mouillé.
On sacre un peu.

Mais c’est beau.
Vraiment beau.

Pis la chute au bout ?

Elle se mérite.

Et ça, c’est encore meilleur.

Rosie je t’ai aperçue sur le chemin du retour. Et encore une fois… même effet. Je bloque.Je crie et Bernard freine sec. Évidemment, tu es pile dans un tournant du chemin.

Une autre couleur.
Un brun profond.
Majestueuse.

Bon… tu me tournes le dos.
Mais ça ne m’arrête pas.

Je m’obstine.
Je te photographie pareil.

Normal.

Est-ce qu’on a remarqué qu’on était dans une entrée privée ?
Non. Est-ce que moi, en sortant de l’auto, j’ai analysé la situation ?
Pas du tout. J’ai juste vu…une autre auto qui faisait exactement comme nous… être dans le chemin. Donc clairement, tout le monde était d’accord :tu valais l’arrêt Rosie !

Tu vois Rosie,
t’as impressionné plus qu’un touriste. (Bon… j’imagine que tu le savais déjà.) Sauf que. Pendant que moi je te photographie comme si j’étais en mission, quelque part derrière…TON propriétaire essayait de sortir de chez lui. Petit détail qu’on a complètement ignoré..comme des cons…

Moi, au loin, j’entends vaguement un klaxon.
Mais bon. L’Écosse. Le vent. La vie.

Bernard, lui, assis côté droit… ne voit rien.
N’entend rien. Sur son téléphone, musique dans le tapis. Zéro conscience de la situation.

Ça dure.
Longtemps…ben longtemps…Genre trop longtemps.

Et puis Rosie, j’allume, je crie, il ne m’entend pas. Je reviens en courant. Juste à temps pour entendre ton gentil proprio hurler :

GET OUT OF HERE !!!

Et pas sur un ton poli, là.
Un ton… très convaincant.

Fait que voilà, Rosie.Ce qu’on a vécu.
Pour admirer ta magnifique toison. Aucun regret…