Fin de production

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Où étiez-vous le 13 mars ? Que faisiez- vous ?

Moi, le 13 mars, je m’installais pour le weekend au chalet. La production théâtrale du Cégep venait d’être interrompue pour deux semaines, mais je commençais à répéter un nouveau spectacle le lundi suivant, j’étais donc partie deux jours. Comme on le sait maintenant, deux chemises et un jeans plus tard, j’ai pu retourner chez moi au bout de sept semaines… pour enfin récupérer plus de vêtements.

Le 13 mars, j’avais également signée ma lettre de démission comme prof. à l’École de Théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe.

C’était une décision prise trois ans auparavant. Tout était pas mal calculé. Encore deux ans et demi comme responsable du département de théâtre, ensuite une longue pause de six mois, histoire de faire un petit voyage en Europe et visiter 12 pays, et dernier retour au Cégep, pour dire au revoir bien comme il faut.

Bon, je n’avais pas prévue la pandémie, puis la fin de mon enseignement en ligne, et saluer les amis et les étudiants par Zoom. Je l’avoue maintenant, j’ai tout de même apprécié cette situation. Bien installer dans une chambre au chalet je n’avais plus à aller à St-Hyacinthe, car pour plusieurs personnes qui m’ont entendu chialer, la raison principale de mon départ du Cégep était ce satané trajet Montréal – Saint-Hyacinthe. De plus en plus long d’une année à l’autre. Il y a 13 ans je pouvais faire le trajet Montréal-St-Hyacinthe, revenir à Montréal et aller faire une sieste en moins de temps qu’un aller Montréal-St-Hyacinthe d’aujourd’hui.

J’ai aimé enseigné… non, j’aime toujours enseigné. A ma première année, il y a 13 ans,  il faudrait que je demande à mes tous premiers étudiants comment j’étais. Ils me répondraient probablement que j’avais sûrement l’air, en avant de la classe, d’un chevreuil devant les phares d’une auto.

Mais j’y ai pris goût avec les années. Je croyais faire de mon mieux pour transmettre la passion de ma profession.

Cette semaine c’est la rentrée au cégep.

Aucun pincement au cœur pour moi. Très contente d’avoir terminé cette étape et surtout très heureuse de ne pas être sur l’autoroute 20 entre deux camionneurs qui se croient maître de la route. Très heureuse de ne pas partir à 6h du matin, car à cette heure-là, il y a moins de trafic et revenir à la fin de la journée sur la 116 en poireautant dans mon auto parfois durant 2h30 (surtout l’hiver) et arriver juste à temps pour faire un spectacle le soir.

Aucun pincement au cœur même si les collègues et quelques anciens étudiants ont souligné mon départ en juin dernier sur Zoom et que ce 5 à 7 virtuel a duré plus de 4 heures. J’ai été très touchée. J’étais arrivée au cégep pour « coacher » une seule production. Je ne savais pas que j’arriverais à concilier enseignement, responsable d’un département et plusieurs productions et tournée durant 13 ans.

Aucun pincement au cœur même si je pense aux finissants à qui j’ai enseigné et qui entreprennent leur dernière année dans des conditions incertaines vu que tout cela se passera dans une école.

Aucun pincement au cœur… mais étonnamment j’ai besoin de le signifier plus d’une fois.

Seule photo au cégep que j’ai retrouvée, comment ça se fait que je refusais toujours de me faire prendre en photo en enseignant…. maudite marde…

Je ne sais pas si j’ai vraiment fait une différence pour certains étudiants. Peut-être.

Je les croise quelquefois dans différents théâtres. J’essaie de les suivre dans leurs parcours même ailleurs… et ce, partout dans le monde, ça me réjouit.

Certains m’appellent encore. Pour des conseils, pour prendre des décisions, pour me saluer. J’adore ça. Ça me rend vivante.

Et à ce moment-là, parfois, je crois que j’ai aidé un peu… enfin…à leur transmettre un peu de moi. Et j’aime qu’ils poursuivent dans ce milieu qui est le miens depuis 35 ans.

En attendant, que les production théâtrales reviennent à la normale et que je puisse faire ce que j’enseignais, je vais errer çà et là avec des projets bien à moi. Et « bloguer » un peu plus souvent… on verra bien.

Fin d’une production…mais au combien enrichissante…elle aura duré 13 ans.

Cet article a 11 commentaires

  1. Lucie Gagnon

    Période bien bouclée. Bravo !

  2. Francoise capdet

    Moi je suis sure que vous avez fait une différence dans la vie des étudiants mais aussi de vos collègues ! Bonne route Lou ! Au plaisir de se retrouver sur le chemin…..

    1. louarteau

      Merci Françoise !

  3. Gen

    Je suis certaine que tu as laissé ta marque en eux. Qu’ils penseront à toi en se disant:”qu’est ce que Lou ferait en ce moment, avec ce problème? Qu’est ce que Lou dirait?” Xx

    1. louarteau

      Trop fine Geneviève !

  4. Lacour

    Coucou Lou …
    J’aime te lire . Ça sent la vie .
    Et je suis solidaire, moi ancienne prof de danse qui rencontre parfois des élèves ou reçoit de leurs nouvelles !
    C’est bon de laisser des traces !
    Régine

    1. louarteau

      Merci Régine, j’aime le « ça sent la vie »… c’est tout moi ça… enfin, je l’espère !

  5. Marc l'espérance

    Salut Lou, je crois que pour plusieurs d entre nous, tu nous as aidés à mieux comprendre et faire notre métier. Te voir travailler, était et demeure un exemple. À bientôt

    1. louarteau

      Merci Marc, cela me touche. x

  6. Geneviève St Louis

    Tu as marqué tes étudiants, j’en suis certaine! Bravo pour toutes ces années de dévouement et de générosité! Je ne t’ai pas eue comme prof, mais j’ai pu travailler à tes côtés et j’ai appris beaucoup. xx

    1. louarteau

      Merci Geneviève. Merci de prendre le temps de l’écrire surtout. À très bientôt lorsque la vie pourra nous faire signe… enfin lorsque le temps nous le permettra plus… sereinement ! xxx

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